KAYSERSBERG

Eglise de Kaysersberg

 
L'église est longue de 29 m et sa hauteur à la clef de voûte est de 12,35 m. Le transept et le choeur surélevé abritent une crypte hexagonale dont les nervures de la voûte sont interceptées par une colonne centrale. Au-dessus de l'intersection de la nef s'élève sur des piliers massifs un beffroi haut de 41 m. Sa forme actuelle remonte à 1827 où les Kaysersbergeois voulaient avoir une sonnerie de 5 cloches. A ce moment le clocher fut transformé et rehaussé, sa flèche primitive remplacée par une calotte aplatie L'abside triangulaire et la travée du choeur, remontent au XVe siècle. A cette époque, le sanctuaire étant devenu trop exigu, les travaux d'élargissement des bas-côtés commencèrent le 20 juillet 1448, en la fête de Sainte Marguerite. Une inscription sur la façade sud indique le jour, de l'ouverture des travaux. Les nefs latérales montrent de belles voûtes, gothiques dont les clefs de voûte sont ornées d'écussons. Sérieusement endommagée pendant la dernière guerre mondiale (hiver 1944-1945), l'église a été restaurée d'une façon parfaite.
Peu après la fondation de la ville par les Hohenstaufen, on commença à ériger l'église dédiée à la Sainte-Croix en 1227. Une statue (moderne) de l'Impératrice Hélène dans une niche du fronton de l'église et celle de l'Empereur Constantin, son fils, sur la belle fontaine devant le sanctuaire rappellent la tradition suivant laquelle l'Impératrice Hélène aurait découvert la vraie croix en 327 à Jérusalem.
 
 
 
L'église de Kaysersberg tire son charme et son intérêt de la rencontre de deux conceptions architecturales différentes. Elle fut conçue dans un esprit roman influencé par l'idée gothique pénétrant de plus en plus en Alsace. Le portait ouest avec ses arcs en plein-cintre, ses rangées de colonnes à chapiteaux enjolivés de palmes et de sirènes est une copie manifeste des portails romans d'églises alsaciennes. Au contraire dans la nef, la lourdeur des formes périmées doit céder la place à la nouvelle légèreté et l'élégance fonctionnelle du gothique naissant. A l'intérieur du sanctuaire la tension entre les deux styles se retrouve également. La profonde impression que le visiteur en emporte est due aux piliers massifs et à la hauteur de la nef principale.
 
 
 
La nef centrale est dominée par un calvaire monumental. Cette œuvre nommée "Christ Colossal" date de la fin du XVe siècle et le corps allongé et svelte du Christ en bois de tilleul d'une hauteur de 4,25 m est disproportionné par rapport à celui de la Sainte Mère et du Disciple bien aimé, Saint Jean, mesurent quant à eux 2,60 m. Au milieu du XVIII sjècle (vers 1766), le magistrat en fonction considéra que ce calvaire "masquait et défigurait toute l'église"... Il le fit donc descendre et le relégua a la chapelle St-Michel située derrière l'église. Et ce n'est qu'en 1905 que cette œuvre fut remise à sa place, place qu'elle occupe encore aujourd'hui!
 
Ce qui frappe également à l'intérieur du sanctuaire est l'importance et la richesse des œuvres d'art datant principalement du premier quart du XVI siècle. L'imposant autel de la passion qui domine le chœur est l'œuvre de Jean Bongratz, de Colmar, et a été réalisé en 1518. Autour d'un panneau central qui représente une crucifixion déjà achevée, quatorze reliefs dorés et polychromes relatent la passion du Christ depuis son entrée à Jérusalem jusqu'à sa Résurrection. Le retable est couronné de saint Christophe de l'impératrice Hélène et de sainte Marguerite. Sur le revers du retable, des tableaux de Matthias Wuest de 1622 racontent l'histoire de la découverte et de l'exaltation de la croix.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Relief de la Déploration

 
Siècle : 1er quart 16e siècle Le Christ allongé sur les genoux de la Vierge, entouré par Madeleine embrassant sa main, saint Jean et 2 saintes femmes, Marie Cléophas et Marie Salomé. Historique : Ce relief proviendrait de l' autel fondé en 1519 en l' honneur de la Vierge et des saints Martin, Madeleine, Fridolin et Thiébaut par le chapelain Pierre Guckerd. Il a été attribué, tantôt à Hans Bongart de Colmar, tantôt à Jörg Beringer de Lucerne et, par Joseph Ernst-Weiss, au maître dit de la Déploration de Rouffach qui est la dernière oeuvre de ce maître. Les 2 Déplorations présentent effectivement de nombreuses similitudes et bien que celle de Rouffach soit inférieure en qualité, elles sont probablement issues d' un même atelier de sculpteurs, de Colmar, duquel sont peut-être issues également les statues de saint Fridolin et sainte Madeleine. Le relief fut restauré en 1703 par Johann Conrad Scheut qui a laissé ses initiales et la date en bas à droite (T.H.). La restauration de 1956-57 a supprimé 7 couches de peinture.
 
Ste Femme(1515) ornant le Saint Sepulcre

Quelques photos

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Derrière l'église se trouve la chapelle St Michel et son ossuaire de 1463
 
la chapelle St Michel et son ossuaire fut construite dans les années 1463. Elle conserve sa charpente d' origine, remaniée (raccourcie par le bas) . La voûte de la chapelle porte une inscription et la date 1469, en lettres gothiques, peintes sur une ogive de la travée est. Les voûtes de l' ossuaire et de la chapelle sont décorées de peintures du début du 16e siècle, celles de l' ossuaire portent la date 1514. Une inscription en allemand sur l' ossuaire, aujourd' hui disparue, rappelait qu' il est juste que le maître repose à côté du valet.La partie ouest de l' ossuaire est occupée par des ossements provenant de l' ancien cimetière (déplacé hors les murs en 1511) , la partie est servait aux offices pour les morts. la Chapelle orientée, située au nord-est de l' église paroissiale et à la limite du cimetière primitif de la ville (transformé en musée lapidaire) . L' ossuaire est en demi sous-sol, voûté d' arêtes, accessible par 2 portes en plein cintre. La chapelle est surélevée, voûtée d' ogives à nervures multiples, éclairée au sud et à l' est par de grandes baies gothiques. Le mur nord est adossé au mur d' enceinte de la ville et comporte encore l' ancien chemin de ronde ménagé dans l' épaisseur du mur, en contrebas du comble, au niveau de l' extrados des voûtes de la chapelle. Il est actuellement accessible par un escalier extérieur et une porte haute à l' extrémité nord du mur ouest. Les murs ouest et sud sont épaulés de contreforts. La charpente a des assemblages en queue d' aronde et en dents de scie. Elle a été coupée au-dessus des voûtes d' ogives, un peu sous l' entrait actuel et comporte une panne faîtière. Des peintures murales sont conservées dans l' ossuaire et dans la chapelle, principalement sur les voûtes.

Quelques photos

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

L'ossuaire

 
 
 

La chapelle d'Alspach

 
 
 
 
Cette chapelle a été construite en 1923, à la suite d'un voeu exaucé, aux frais de Madame Victor Weibel, épouse du propriétaire de la cartonnerie d'Alspach. Date gravée sur l'architrave, vocable dans le fronton. Elle a été donnée à la ville de Kaysersberg en 1982. C'est une petite chapelle avec nef à 3 travées et choeur semi-circulaire, voûtés en berceau. Porche néo-classique à colonnes, pilastres et fronton. Lucarne sur la croupe et campanile sur le toit de la nef.
 
Chapelle St Wolfgang (15ème siècle) qui était la chapelle de la léproserie
 
La chapelle de Wolfgang a été construite en 1519. Une maladrerie se trouvait autrefois dans les environs ce qui fait dire que la maison devant la chapelle est une ancienne léproserie La chapelle est construite sur un rocher à la limite sud de la ville Elle comporte une nef à vaisseau unique s'ouvrant sur un choeur demi-circulaire par un arc en plein cintre.Petite tribune en bois à l' ouest. Contre le mur nord, vers l' ouest, petit corps de bâtiment demi-circulaire, voûté d' arêtes, épaulé par 2 contreforts,et d' un lavabo ou évier en grès, accessible depuis la nef par une porte en plein cintre moulurée en léger cavet. Dans la nef et le choeur, baies gothiques et Renaissance. Sur le toit, au droit de l' arc diaphragme, petit campanile. La maison du gardien, sur haut soubassement en pierre avec jours en archère, comporte un rez-de-chaussée partiellement en pierre et partiellement en pan de bois assez massif avec grande croix-de-Saint-André au sud et encorbellement vers le nord.

Cimetière de Kaysersberg face à la chapelle Saint Wolfgang

 

Le pieuré d'Alspach

année : 1782 historique : Le prieuré de bénédictins, fondé par l' abbaye de Hirsau dans le val Saint-Jean vers 1120, fut reconstruit, entre 1138 et 1149, à l' emplacement actuel. L' église dédiée à saint Jean Baptiste et à la Vierge fut consacrée avec les bâtiments et le cimetière, en 1149, par Ortlieb, évêque de Bâle. Hirsau vendit le prieuré en 1281 aux clarisses de Kientzheim. Le choeur de l' église fut agrandi et consacré en 1283 (à sainte Claire ?) . Les bâtiments conventuels furent reconstruits au 18e siècle. La porte de la maison d' hôtes qui subsiste est datée de 1782. L' abbaye vendue en 1794, fut occupée par la manufacture de tissage et teinturerie à la garance de J. Barthélemy. La voûte de la nef était déjà effondrée avant 1820. Vers 1828, le bas-côté nord, le haut du vaisseau central et le choeur gothique furent démolis. Ce qui restait de l' église était aménagé en séchoir et teinturerie. En 1879, les frères Weibel occupèrent les lieux et y installèrent une usine de pâte à bois. Les bâtiments conventuels furent détruits ainsi que les 2 travées du choeur roman. Obligés de conserver les ruines de l' église (classée M H en 1898) ils y installèrent un atelier mécanique et une forge. Après la guerre la nef servit de magasin et d' atelier de peinture. L' usine connue sous le nom de cartonnerie est restée florissante. En 1972, les vestiges de l' église romane furent cédés par la direction de l' usine à la société d' histoire de Kaysersberg. La nef restaurée sert maintenant de salle culturelle. Avant la Révolution l' église se composait du choeur gothique, voûté d' ogives, des 2 travées du choeur roman avec ses bas-côtés, voûtés d' arêtes (primitivement avec abside et absidioles) et des 6 travées de la nef à 3 vaisseaux (le central avec 6 voûtes d' ogives ou d' arêtes, les latéraux avec 5 voûtes d' arêtes) . D' après l' étude de J. Ph. Meyer la construction romane s' est déroulée en 3 campagnes. 6 culots sculptés ont été déposés au musée de Colmar, vers 1869. Copies récentes sur place. Une clé de voûte gothique est conservée. La peinture d' un saint Christophe monumental, médiéval, a disparu mais des vestiges de peintures Renaissance subsistent. Les bâtiments de l' usine et les maisons des propriétaires, dans ou en dehors de l' ancien enclos, datent du 20e siècle. description : Le vaisseau central roman de l' église comporte 6 grandes arcades en plein cintre sur piliers carrés cantonnés de colonnettes engagées alternativement dans les angles et au milieu des côtés. Le bas-côté sud conserve une fenêtre d' origine. Chapiteaux, en forme d' imposte, et corniches sont sculptés de feuillages, palmettes et rinceaux. Un seul culot figuré subsiste en place (bas-côté sud) représentant une dame noble tenant 1 chevreuil et un renard en laisse. Sur les arcades et sur certains chapiteaux, vestiges de fleurettes et de motifs de ferrures peints. La façade occidentale, appareillée, conserve une frise de billettes et d' arceaux et le portail à piedroits et voussures sculptés ; le tympan est nu. Dans l' église sont conservés quelques éléments d' architecture et vestiges du cloître ainsi que la porte monumentale de la maison d' hôtes déplacée dans le bas-côté.

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